La bande d’arase : une solution contre l’humidité ascensionnelle

Ouvrier installant une membrane d'étanchéité sur un mur en briques

L’absence de coupure de capillarité dans une maçonnerie ancienne expose directement les murs aux remontées d’eau. Depuis 1959, la pose d’une barrière horizontale reste pourtant obligatoire dans toute construction neuve en France, mais nombre de bâtiments plus anciens en sont dépourvus.Les dégâts liés à l’humidité ascendante représentent l’une des principales causes de dégradation des maisons anciennes. Faute d’intervention adaptée, les conséquences sur la structure et la salubrité du logement deviennent rapidement coûteuses.

Pourquoi l’humidité ascensionnelle menace la solidité des murs

L’humidité ascensionnelle opère sans bruit, progresse lentement par la moindre faille, et menace les murs à travers des remontées capillaires. Le sol gorgé d’eau transfère cette humidité à la base de la maçonnerie dès lors qu’aucune barrière n’a été pensée. Peu à peu, l’eau grimpe dans les pores, charriant des sels minéraux qui entament la solidité du bâti. Le mur s’alourdit, perd de sa résistance et fléchit, parfois jusqu’à compromettre la stabilité de la structure.

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Les conséquences, elles, tombent comme un couperet sur tout l’édifice :

  • Affaissement progressif des enduits,
  • Décollement des revêtements muraux,
  • Moisissures persistantes qui s’incrustent,
  • Efflorescences salines s’attaquant aux joints et aux pierres.

Sans intervention adaptée, la remontée capillaire grignote les liants, dissout les mortiers, pousse la maçonnerie à se déliter par plaques entières. Les pathologies liées à l’humidité des murs figurent donc parmi celles qui fragilisent le plus les vieux bâtiments, au point de menacer leur intégrité. Les dégâts recensés par l’Agence Qualité Construction ne font que le confirmer.

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Face à cette mécanique implacable, une solution s’impose : protéger l’édifice dès sa base. Installer une bande d’arase exactement entre le sol et la première rangée de maçonnerie agit comme coupe-circuit. Ce geste net met fin à la progression de l’eau. Là où le mur s’imbibait, une simple barrière horizontale interrompt la série noire des dégradations provoquées par la remontée d’humidité.

Bandes d’arase, injections ou membranes : quelles solutions pour stopper les remontées d’humidité ?

Plusieurs grandes options existent pour combattre la remontée capillaire et offrir une protection contre l’humidité ascendante. Tour d’horizon des dispositifs les plus répandus :

  • La bande d’arase, première solution rencontrée : une feuille souple (généralement en bitume et matériaux composites) insérée à la base du mur, qui stoppe instantanément l’humidité montante.
  • Les injections de résine hydrophobe : dans le bâti existant, on perce la maçonnerie pour y injecter une résine bloquant l’eau. Une approche précieuse lorsque l’accès à la base du mur est impossible ou pour réhabiliter un bâtiment sans bande d’arase d’origine.
  • La membrane d’étanchéité : posée en contact avec le sol ou en intérieur, cette couche isolante (souvent en polyéthylène ou bitume élastomère) complète ou renforce la protection contre l’humidité montante, notamment sur les constructions à ossature bois.

Le choix se fait selon la structure du bâtiment, l’accessibilité des murs et le résultat attendu. Dans le neuf, la bande d’arase s’impose : elle répond aux normes des DTU et forme une barrière fiable aussi bien pour la maçonnerie que pour l’ossature bois. La combinaison avec des accessoires spécifiques facilite parfois l’évacuation de l’excès d’humidité et renforce la durabilité du dispositif.

Zoom sur la bande d’arase : fonctionnement, atouts et limites

La bande d’arase tient un rôle décisif face à l’humidité ascensionnelle. Fabriquée à base de bitume et de composites, elle s’insère à la base du mur pour bloquer les remontées d’eau venues du sol. Un renfort en fibres polyester ou verre, imprégné de polymères thermoplastiques ou d’élastomère, lui procure une résistance mécanique et une étanchéité remarquables quel que soit le contexte.

Atouts : efficacité réelle et conformité

Concrètement, les avantages apportés par une bande d’arase sont multiples :

  • Préservation prolongée des ossatures bois exposées à l’humidité,
  • Adaptabilité sur de nombreux types de supports : béton, brique, bois,
  • Respect strict des prescriptions DTU 31.2 (ossature bois) et DTU 20.1 (maçonnerie),
  • Barrière d’étanchéité efficace sous les baies ou appuis de fenêtres.

Certains modèles haut de gamme sont équipés de profilés en mousse EPDM. Ce détail rend la jonction entre la dalle béton et la lisse basse plus facile, même lorsqu’il existe de petits défauts de planéité. Ces produits freinent aussi les infiltrations d’air parasites et aident à améliorer la performance thermique générale.

Mais la pose d’une bande d’arase se heurte à certaines limites en rénovation, surtout si la base du mur est inaccessible. L’efficacité repose avant tout sur le soin apporté lors de l’installation : la moindre négligence, et l’humidité trouvera son chemin malgré la barrière. Pour les murs à double parement, compléter la pose avec des éléments facilitant l’écoulement de l’eau peut solidifier davantage la protection.

Coupe transversale d

Conseils pratiques pour réussir la pose et éviter les erreurs courantes

Mise en œuvre : précision et méthode

Pour obtenir l’effet protecteur attendu, l’installation d’une bande d’arase demande de la rigueur. La pose se fait sur un lit parfaitement régulier de mortier de ciment : le support doit être plan, propre, débarrassé de toute poussière. Sinon, la continuité de l’étanchéité est vite rompue, et l’humidité peut s’engouffrer. La feuille de bitume ou de composites doit rester sans pli, avec un chevauchement généreux des lés pour garantir que l’eau ne passera jamais. Ensuite, un second lit de mortier posera une protection efficace au-dessus de la bande lors de la montée du mur.

Avant travaux, il vaut la peine de faire une vérification méthodique :

  • Bien contrôler que le support est parfaitement plat,
  • Choisir la bande d’arase en fonction du type de support (maçonnerie, béton, bois),
  • Veiller à ce que les lés se chevauchent suffisamment, en suivant les indications du fabricant.

L’erreur classique ? Endommager la bande lors de l’installation des parpaings ou en appuyant par mégarde avec un outil mal placé. Cette maladresse peut suffire à annuler la protection, ouvrant la voie à l’eau qui s’infiltre alors sans limite. Les modèles dotés de mousse EPDM permettent, sur ossature bois, de s’ajuster plus facilement à la dalle, rendant l’étanchéité plus sûre même en présence d’irrégularités. Sur le chantier, respecter à la lettre les règles des DTU (31.2 et 20.1) reste le meilleur moyen d’éviter les déconvenues.

Chaque étape de la pose compte : qualité du mortier, découpes propres, chevauchements réguliers. De ces détails dépend l’efficacité réelle de la barrière. Une faiblesse, et la progression de l’humidité reprend, implacable.

Invisible, la bande d’arase n’en reste pas moins la meilleure sentinelle contre les remontées d’eau. Prendre le temps de la poser avec minutie, c’est se prémunir contre des pathologies insidieuses, et garantir à son habitation une base réellement saine pour les décennies à venir.

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